Ne choisir aucun camp n’empêche pas de prendre position, bien au contraire. Il ne faut pas confondre neutralité totale avec l’engagement ferme et assumé de considérer pour seule direction le fond de sa propre réflexion.

Être indépendant n’est pas faire preuve de lâcheté : un esprit libre dans un corps bridé par les chaînes d’un tortionnaire a bien plus de courage qu’un suiveur qui capitule. Il perdra beaucoup de proches, d’amis et de camarades en ayant une vision du monde singulière, mais cela lui est égal, il n’a que faire des faux liens tissés dans la soumission.

Bien que je ne rejoigne aucun parti en politique, pas même les extrêmes, je suis viscéralement allergique au fascisme et aux politiciens condamnés. J’ai donc pris position pour éliminer l’extrême droite et voter contre elle à l’élection présidentielle de 2027. Comme je le dis souvent, entre la peste et le choléra, je préfère encore attraper une grippe et garder la morve au nez.

Depuis que j’ai affirmé cette indépendance, j’ai perdu toute ma famille et énormément d’amis très proches. Je me suis même renfermé, mais aujourd’hui, le tri s’étant fait autour de moi, je respire. Il faut l’avouer, j’ai davantage été abandonné ou largué en raison de mes idées et de mes convictions qu’autre chose. Je n’ai pas eu besoin de mettre de la distance avec les personnes qui m’ont pris en grippe parce que mes valeurs étaient différentes des leurs : elles se sont écartées de moi naturellement.

J’ai choisi de ne faire partie d’aucun camp parce qu’il me paraît évident qu’il y a du bon et du mauvais dans chaque clan. Ils s’en mettent plein la gueule, et regarder ce spectacle m’écœure au plus haut point. Plutôt que de débattre, ils s’acharnent et se massacrent verbalement ou physiquement. Quel que soit le nombre de camps ou de factions, c’est la même chose : je ne suis pas un suiveur, et je m’en fous.

Les complotistes et leurs détracteurs me font bien rire : d’un côté les crédules, de l’autre les dogmatiques. Au fond, c’est la même chose. Il n’y a pas de point de rupture ni d’équilibre, sauf pour ceux qui se tiennent en dehors de ce cirque. Bien sûr que la Terre est ronde, on s’en tamponne, mais j’ai l’impression que certains adoptent un système de pensée à contre-courant simplement pour dire aux détracteurs : « Nous ne pensons pas comme vous ». Personnellement, le clan de la « Terre ronde » qui s’acharne à se moquer des complotistes me paraît bien naïf de croire que des millions de personnes pensent réellement que la Terre est plate. Complotistes, sceptiques ou coïncidentistes : même panier, suivre le troupeau reste leur combat.

Pourtant, je suis un vrai bisounours sombre. J’aime tout le monde à partir du moment où on ne me fait pas chier. Certes, je ne choisis aucun camp, mais je respecte l’opinion de chacun tant que je ne la considère pas comme une idée fasciste.

Aujourd’hui, les rares amis qu’il me reste sont de tous horizons, certains glissant même vers des votes extrêmes. Et même si mes pensées vont à l’encontre des leurs, les criminels ne sont pas les électeurs, mais les dirigeants. Les grands médias manipulent l’opinion publique : ce n’est pas étonnant de retrouver des bulletins de rupture lors des élections quand on regarde CNews ou BFM TV. Je n’en veux pas au peuple, mais à certains journalistes et politiciens.

Ne choisir aucun camp n’est pas une solution de facilité, puisqu’on se met tout le monde à dos. Mais être rejeté de tous les côtés est une bénédiction. Le combat est souvent rude pour simplement garder son cap, car ne pas se laisser broyer par la masse, seul contre tous, demande une force de chaque instant. Je ne cherche pas à conquérir le monde, seulement à préserver, face à moi-même, ma liberté de penser.