Le je-m’en-foutisme est une pratique dans laquelle le je-m’en-foutiste est totalement indifférent à ce qui l’entoure. D’ailleurs, il ira se faire voir ailleurs à la fin de cette rubrique, mais ça, il s’en fout éperdument.

Le je-m’en-foutiste, c’est peut-être vous et moi. Mais de façon partielle : s’en foutre, ce n’est pas du jeu. En effet, un pur et dur je-m’en-foutiste vous enverra balader avec vos débats stériles, vos conversations sans queue ni tête.

Un vrai RAF (rien à foutre) avec l’extension DT (de tout), c’est une réplique de luxe dans ce monde pourri. Quoi de plus beau que la liberté de penser ? Personnellement, je pratique l’indifférence et le détachement ; j’ai décidé de devenir un je-m’en-foutiste partiel. Je m’attache peu aux choses et je me fous des reproches que l’on peut me faire. Le regard des autres me fait aller à la selle, et ce, profondément.

Je n’ai plus confiance dans les politiciens de ce monde. La politique me rend nerveux, m’ulcère l’estomac. Je n’ai donc pas le choix : je dois m’en foutre absolument pour me soigner. Cependant, je reste un traître du clan des « je-m’en-foutistes ». Il est difficile de tourner le dos à la pauvreté, la misère, la précarité dans lesquelles vivent des femmes et des hommes — pire, des enfants. J’essaie d’être comme les autres et de m’en battre la couille gauche, ou droite, voire les deux, mais c’est compliqué de se foutre de tout. Pourtant, j’envie les personnes qui font preuve d’un je-m’en-foutisme extrême avec l’option de non-culpabilité. Ils sont libres et égaux, prêts à l’égout, et je ne leur chie pas dessus. Après tout, s’ils veulent devenir complices du malheur des autres, je m’en fous…

Tout le monde se fout de tout, le monde tourne en rond, nous sommes nombreux à nous foutre royalement de nos moments apathiques. D’ailleurs, en philosophie ancienne, l’apathie était un manque de sensibilité intégral et volontaire afin de parvenir à un certain idéal. Dans mon cas, il s’agit davantage d’un état dépressif, ainsi que d’une indifférence affective très prononcée, le tout provoquant une forte diminution de l’activité et de l’initiative.

Je ne suis pas utopiste, ni même pessimiste, ou encore optimiste : je suis un bisounours noir. J’ai un côté sombre, mais un cœur tout rose. Je crois en mon prochain — sauf en Dieu, que je prie, chaque jour qu’il fait, de me foutre la paix. Les puristes vous expliqueront que rien ne sert de choisir le clan du choléra ou de la peste, mais qu’il faut croire en soi. C’est facile à dire, je l’admets, mais pas impossible à appliquer. Le paroxysme de la pensée idéale, c’est de pouvoir se regarder dans une glace sans se vomir dessus. La conclusion du « je m’en fous », je n’y parviens pas… Puis je m’en fous.