Les étoiles et la nuit dressent une toile que je contemple avec insistance : je reste figé devant tant de noblesse. Un souvenir de romance d’été émerge dans mon esprit cloîtré par la chimie des molécules sataniques que je mélange au café diurne et nocturne. Elle était belle, cette déesse du haut de ses 26 ans, alors que je n’en avais que 16 — car, comme un connard, j’avais menti sur mon nombre de printemps. Un amour bien délicat et sensible quand nous étions allongés dans un océan d’herbe et sous un dôme étoilé. Cette transgression qui m’excitait dès mon plus jeune âge sera mon plus beau souvenir, mes plus captivantes vacances. Détournement de mineur par une femme insouciante envers un adolescent plus que consentant : je ne fus victime que de ma tristesse quand les belles saisons sonnèrent la fin de ces deux mois d’escapade. Je n’ai oublié que son nom, mais certainement pas ses baisers et ses cheveux rouges d’ange démoniaque qui me caressaient le bout du nez.
Quand le soir un ange passe et s’endort plein de rêves,
Le cœur ouvert à des prières peu catholiques,
Couvert d’un beau linceul aux couleurs de fièvre,
Dévorant toutes ses proies à la beauté cosmique.
La caresse étourdie d’une lèvre peu érudite,
Qui malmène son ouvrage de sang délicieux,
N’est que bénédiction pour sa chair bien cuite,
N’est que bénédiction pour sa puissante cuisse.
Une victime s’évapore pour la dernière étreinte,
Encore un peu d’effort pour le coït suprême,
Celui qui transpire la joie, mais aussi la crainte
D’une brûlure précédée d’un cri strident et ferme.
Encore une dernière morsure avant de partir
Vers un tombeau d’océan où l’oubli est pire
Que d’être réduit en cendres par un soleil levant…
L’éternité sans canines ? Pauvres ignorants !

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