Salut l’ami.e,

⚠️ Je te préviens : si tu es sensible à la thématique du suicide, ne t’aventure pas dans cette lecture. Si tu traverses une période sombre, compose le numéro d’urgence 3114 (gratuit, anonyme 24/7) ou le 15, appelle un.e ami.e ou un proche, mais ne va pas lire ce qui suit.

Je l’ai vécu et je ne veux plus le vivre, je ne le souhaite à personne. Pour une fois, je te préviens avant de lire un de mes textes : accroche-toi ou passe ton chemin.

Aujourd’hui, je m’accroche à la vie, même si elle me paraît difficile. La vie est belle, c’est le monde qui est en partie pourri…

Je vous ai tant désirées, sans angoisses et idées noires, mes douces amies. Pour un flirt avec vous, j’aurais donné ma poudre de perlimpinpin aux anges, gardiens de ma stabilité. Ce soir, je veux faire le grand saut, bande de salauds ! Je ne sais même plus à qui vendre mon âme, avec quoi me pendre. Fendre la carotide de ce corps fétide et meurtri pour que le sang coule, coule et saoule mes esprits de gauche à droite et de droite à gauche.

Je vous vois ! Je vous subis ! Voici ma récompense de trop vous avoir demandé et attendu, mes nobles fées. J’ai mal, arrêtez tout, j’ai mal, oubliez-moi ! Je suis pourtant à cent gouttes de vous ! Vous me pourrissez ! Vous me tordez de douleur, je deviens fou, j’ai envie de vous, sans tous ces loups autour de moi qui vont me rendre complètement folle ! Je deviens folle, telle une nonne qui vit son premier orgasme de maux, rouge sang !

S’il vous plaît ! Arrêtez tout, maintenant, c’est un ordre ! Je vous l’ordonne expressément ! Ou je me tranche littéralement ! Vous n’êtes que deux moins-que-rien et vous ne valez pas plus cher qu’une poule aux œufs de bronze ! Bandes de premières catins dépucelées par le premier valet puceau de mes songes !

Je vous méprise, je ne vous tolère plus, il faut vraiment penser à vous retirer de moi, mes très chères catins. Putain, j’ai mal, ne voyez-vous pas ma souffrance ? Ne ressentez-vous pas mon mal-être ? J’ai le thorax perforé par mes angoisses, je me roule par terre d’agonie. J’ai l’esprit noirci, obscurci, ramolli, pourri, meurtri par vos sbires.

Pitié, arrêtez, arrêtez, arrêtez tout ! Maintenant et tout de suite, je veux que tout cela ne soit qu’oubli, je vous demande, par la présente, d’en terminer avec moi ! Mes dieux ! Mes déesses ? Où êtes-vous ? Qui êtes-vous ? Êtes-vous morts ? Alors, répondez !

Me voilà faire le rouleau de printemps, d’été, d’automne et d’hiver, à terre. Je roule et je m’agite comme un toxicomane qui n’a pas sa dose d’héroïne, si maline, si féline. Je veux ma dose de benzodiazépine, de quétiapine, de cocaïne, même coupée à l’aspirine. Mettez toutes ces substances en poudre, que je les aspire avec mes narines pour ne plus me relever, me réveiller.

Mon doux malin, malhonnête, faites de moi votre proie prioritaire. Prenez mon âme en échange d’un seul instant, même très court, de répit. Je veux souffler ! Espèce rare d’enculé ! Comprends-tu ? Raclure de latrine ! Allez ! Va te faire foutre par Dieu ! Ô ton gode ! Ô ton gode ! Ô ton gode ! Ô ton gode ! Tu m’as trigaudé !

Foutez-moi la paix ! C’est le jour de paye ! Je vais fêter mes douleurs avec du sang qui va jaillir de ma carotide rigide ! Voulez-vous goûter à mon nectar ce soir ? Je vous l’offre contre un moment de répit ? Je vous donne même en mariage mes deux plus belles putains de nuit ou de jour. Elles connaissent très bien l’amour ! Je vous le garantis sur facture écrite de ma plus belle plume.

Humez mon rouge, comme il est bon ce tanin du matin. Contemplez-vous la couleur de ce bonheur offert par mes libérateurs ?