Je suis conscient d’être souvent inconscient. Je vis dans un univers de guerriers imprudents et téméraires. J’ai plus de style quand je toise la vie. En état de souffrance intense, je suis moins doux sur le papier. Plus sombre est ma plume dans un dédale de risques émotionnels. Je me casse souvent les dents sur un texte au thème complexe et j’aime la critique, même si elle me tue.

Souvent, je me nourris de dangers, je veux l’excellence même si cela met en péril ma santé physique et mentale. La vie est une prise de risque en continu. Vivre, c’est accepter l’échec et la mort. Sans obstacle, la vie perd du caractère, du goût, de l’intérêt. Je souhaite une vie en montagnes russes, car la ligne médiane, c’est l’ennui.

Sans ma mélancolie ou ma volonté de puissance, que vais-je devenir ? Je n’écris que sous la torture. Écrire, c’est toute ma vie : sans cet art, je serais un malade mental inutile à jeter aux lions. Le risque est mon seul allié, je ne vis que pour lui. La prudence, c’est chiant.