Je la déguste très amèrement
Nuit et jour aux heures bien précises.
Elle danse dans ma bouche tel le vent,
Dégénère pour deux ou trois bêtises.
Je meurs tout seul dans cet instant.
Mais quel est ce Dieu qui me brise ?
Ce doux paradis bien tranchant…
Mon sang roucoule dans la Tamise.
Mes envies acides volent en l’air,
Virevoltent et glissent sur la mer.
Cybèle, mère des Cieux, mais amère,
Putain de vous ! Trop bien en chair !
Pourquoi coulez-vous cette galère ?
C’est la mienne que je désire taire !
Ciel noir qui s’oppose à la terre,
Voyez-vous mon beau rouge qui erre ?
Dans l’océan nous naviguons,
C’est avec vous seul que mon ire
S’accroît pour détruire les géants,
Navires qui nous ont dans leur mire.
Au soleil levant, nous vaincrons
Ces bâtiments de guerre et pire.
Mon sang fera pâlir les gens
Qui goûteront mon élixir.
Au réveil, faites place aux misères,
Du firmament jusqu’en enfer.
Difficile est cette infirmière
À convaincre pour lui jouer un air
Décousu, mais qui peut lui plaire :
Une belle mélodie éphémère,
Un sanglant voyage stellaire
Pour une ritournelle à huit vers.

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