L’enfer, ce n’est pas les autres. Pour vivre heureux, ne vivons pas cachés, et je ne pratique pas le détachement. J’aime contredire les autres avec leurs phrases vomies par leur estomac philosophique putride. L’autre, c’est son prochain ; l’enfer, c’est soi-même. Le dégoût de tout son être commence le matin devant ce miroir que l’on regarde pathétiquement. L’autre fait de la même façon après tout. Donc, si l’on résume bien le problème : pour vivre malheureux, vivons égaux.
Pourtant, je ne suis pas pessimiste, bien au contraire. Alors l’autre peut être aussi la joie, comme l’être aimé, ses enfants, sa famille, ses amis. L’autre est aussi polyvalent, ou pire encore, versatile : de ce fait, on ne peut pas compter sur sa fiabilité. L’enfer est donc humain, trop humain. C’est l’homme qui crée sa propre perte, son enfer ou son paradis ; masochiste ou sadique (parfois les deux), il apprécie le plaisir et la douleur, sème le bien pour récolter le mal ou inversement.
Dans ma folie des grandeurs et de toute-puissance, le pessimisme revient au galop : j’aime me lacérer les bras pour goûter mon sang et me badigeonner le visage avec mon rouge qui coule. Je me prends alors pour un guerrier, un super-guerrier supérieur à l’homme, qui est une anomalie se détruisant en prenant soin de faire sombrer toute l’humanité, le règne animal, végétal, et j’en passe. Au fond, je suis également l’autre. Je n’ai pas d’excuse, mais je suis mentalement gravement malade à cause de l’autre, bien évidemment. L’autre m’a fait énormément de mal. L’autre, c’est ma mère, mon enfer, mon bourreau, mais aussi mon seul amour, ma Cybèle.
Pour conclure, l’autre, c’est l’autre, et j’y suis très attaché et intéressé. Je vous pose donc la question : mais qui est l’autre ?

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